07/03/2016

C'est beau quand Infantino dit go à la vidéo

Deux semaines! C'est le temps qu'il aura fallu à Gianni Infantino, nouveau Président de la FIFA pour prendre une décision que tous les passionnés de foot attendaient depuis de longues années: le recours à la vidéo pour aider les arbitres. Deux semaines pour balayer 10 ans d'hésitations poussiéreuses des gérontes Blatter et Platini. Cela nous ferait presque croire que la révolution est enfin en marche à la FIFA...

C'est qu'en matière de recours à la technologie, le foot a pris plusieurs trains  retard sur les autres sports. Sur le tennis où les trois "challenges" que possède chaque joueur lors de chaque set a supprimé les crises de nerf à la McEnroe. Sur le rugby où les arbitres conjuguent allégrement recours à la vidéo et décompte du temps réellement joué. Sur le hockey, qui utilise ces technologies depuis longtemps. Bref, sur tous les autres sports professionnels.

Spectateur attentif d'un match de milieu de classement de la Premier League  ce week-end, Gianni Infantino a sans doute pu se convaincre un peu plus des bienfaits de la "video sur la ligne de but", utilisée régulièrement par les Anglais, ces gardiens du temple football pas si conservateurs que ça. Le recours à cette technologie  a permis de dédramatiser toutes ces situations litigieuses où le seul œil de l'arbitre et d'un éventuel juge de touche, souvent situés tous deux à 30 mètres de l'action, devaient déterminer en 2 ou 3 secondes si le ballon avait franchi la ligne ou non. Cet anachronisme actuel a certes écrit une page mémorable de l'histoire du football (le 3e but anglais de Geoff Hurst lors de la finale de la Worldcup 1966). Le remake du huitième de finale de 2010 en Afrique du Sud, où toute la planète... sauf l'arbitre vit rentrer d'un demi-mètre dans le but allemand le tir de Franck Lampard, est beaucoup moins romanesque. Il illustrait 44 ans plus tard l'immobilisme stérile des dirigeants du foot mondial.

Alors si Infantino dit go à l'utilisation de la vidéo, on pourrait également lui suggérer quelques autres réformes qui auraient le mérite d'éradiquer les pandémies qui étouffent les matches de foot. Citons dans le désordre:

- Le décompte du temps réel. Comme au hockey, on arrête le chrono à chaque arrêt de jeu. Ca évitera bon nombre de simulations et de tragi-comédies et tant pis si ça bouleverse le timing des programmes TV. Elles compenseront en diffusant de la pub lors des arrêts...

- L'utilisation de trois "challenges" par équipe pour revoir une action litigieuse à la vidéo (but, hors-jeu, agression, etc...). Comme au tennis, le challenge est perdu s'il est mal utilisé. L'arbitre, lui, dispose d'un recours discrétionnaire à la vidéo. Comme on décompte les arrêts de jeu, il n'y a pas de problème.

- Un juge de ligne derrière chaque but qui lève son drapeau à chaque fois qu'il y a une action litigieuse. Pour donner un penalty ou avertir un simulateur. Six ou sept penalties lors de chaque match risquent-ils de dénaturer un match? Pas de risque, ça ne durera pas longtemps, les joueurs et entraineurs comprendront vite. Ca fait 5 directeurs de jeu? Et alors! Il y en a bien 4 au hockey sur une patinoire qui est 6 à 8 fois plus petite qu'un terrain de foot.

- L'interdiction absolue à chaque joueur de s'adresser à l'arbitre. Comme au rugby, seul le capitaine en a le droit. Avertissement systématique pour chaque joueur qui parle à l'arbitre! Cela nous évitera ces scènes insupportables, que l'on observe aussi bien en Champion's League, en 2e ligue interrégionale et chez les juniors, où l'on voit des joueurs-psychopathes au yeux injectés de sang qui se mettent à hurler comme des damnés à la moindre bousculade.

Début de programme pour un football qui veut rejoindre la modernité. Il sera temps ensuite pour Gianni Infantino de réexaminer l'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar...

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22/10/2015

Pour qui dois-je voter si... ?

Petite question aux éminents analystes politiques et spécialistes de la chose publique.

Pour qui dois-je voter si:

- Je suis pour une caisse maladie unique, cantonale ou fédérale, avec limitation du catalogue de prestations de l'assurance de base (parce que j'en ai marre de me faire truander)

- Je suis pour la traversée du lac avec un chapelet de parkings d'échange en bordure du contournement de Genève (parce que toutes les autres villes le font)

- Je suis pour un contrôle du marché du travail et une limitation des permis de travail (parce qu'il faut laisser une chance d'emploi à nos jeunes, nos vieux et nos compatriotes non qualifiés).

- Je suis pour la réforme sur l'imposition des entreprises et le taux unique à 13% (parce que je n'ai pas envie de détruire des emplois)

- Je suis contre le relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans (parce que l'écrasante majorité des employeurs n'engage plus de personnes de plus de 50 ans)

- Je suis pour le maintien des accords bilatéraux mais contre toute adhésion à l'Union européenne (parce qu'on ne peut pas vivre en autarcie mais on n'a pas à brader notre démocratie directe)

- Je suis pour la transition énergétique (parce que je préfère utiliser le vent et le soleil plutôt que le pétrole et le nucléaire)

- Je suis contre toute hausse d'impôt, de taxe, de redevance, de prime  d'émoluments, d'amendes, de contravention etc... (parce que je suis absolument convaincu que toutes les administrations et régies publiques ont assez de moyens)

- Je suis fier d'être Suisse, indépendant et neutre (parce que je n'ai aucune raison de renier mon ADN)

- Je ne suis ni cynique ni angélique (parce que ça aide à vivre mieux).

Pouvez-vous m'aider dans mon choix?

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14/10/2015

Amendes amères et sub-prime d'assurance: on a assez craché au bassinet!

La lutte pour maintenir le pouvoir d'achat des habitants et la compétitivité des entreprises, tous deux gages de notre prospérité, devraient être au cœur des préoccupations de l'Etat. Depuis quelque temps, ils ont complètement disparu de l'horizon de nos gouvernants, dont la vision se limite à la dernière ligne du tableau Excel et dont  la préoccupation majeure, pour ne pas dire unique, se résume à créer de nouvelles lois, instaurer et augmenter toutes sortes de taxes.

Pouvoir d'achat et compétitivité des entreprises, donc. Beau challenge pour lequel une certaine hauteur de vue et une indispensable largeur d'action sont nécessaires. Mais maintenant que les responsables de l'économie n'en maîtrisent même plus les notions de base, il est indispensable que les citoyens, s'ils veulent arrêter d'être tondus, prennent leur sort en main et interviennent davantage.

Comment? Il y a certes les élections aux Chambres fédérales actuellement, mais c'est un moyen trop indirect et sans la moindre garantie, on l'a souvent vu. La vision des élus du peuple étant désormais exclusivement bornée par les œillères juridiques et budgétaires, il devient indispensable que les citoyens, du pays comme du canton, puissent se prononcer, en votation populaire, sur TOUTES les augmentations qu'ils doivent subir.

En Suisse et à Genève, on peut voter depuis longtemps  sur les augmentations d'impôt. C'est bien parce que ça réfrène l'appétit vorace de l'Etat. Mais ces garde-fous (c'est le mot) ne sont plus suffisants. L'inextinguible soif de nouvelles recettes, renforcée par une densité normative toujours plus forte, se matérialisent par de augmentations délirantes de taxes, émoluments et autres primes obligatoires, qui érodent depuis plusieurs années le fameux pouvoir d'achat. Deux exemples:

Le plus flagrant, le plus connu, le plus douloureux et le plus scandaleux est bien entendu celui des primes d'assurance-maladie. Depuis l'introduction de la funeste Lamal, ces primes ont augmenté infiniment plus fortement que l'inflation. Fixées par un quarteron d'assureurs hors de tout contrôle, recevant même la bénédiction du pseudo-contrôleur (l'OFSP), ces primes s'apparentent aujourd'hui à un racket légal, quand il ne s'agit pas tout bonnement de détournement (les réserves des assurés genevois et vaudois utilisées dans d'autres cantons). Sans la moindre justification économique, ces sub-primes perçues sur un marché totalement captif (dû à l'obligation de s'assurer) ne peuvent être contestées par personne.

Qui lance une initiative pour que toute extension du catalogue de soins de l'assurance de base et toute augmentation de prime qui dépasse l'inflation soient soumises en votation populaire?

Autre domaine sur lequel le citoyen doit avaler tout cru des augmentations vertigineuses et sans fondement économique: les amendes et les contraventions, comme on vient de l'apprendre à Genève. Il y a eu la stupidité crasse des jours-amende, qui privilégient le délinquant sans revenu mais assomment l'honnête citoyen travailleur: encore une belle invention de juristes! S'est ajoutée ensuite la démence de Via Sicura. Et maintenant voilà qu'à Genève on veut augmenter de 200%, voire même de 400% certaines contraventions, avec une justification de prévention tellement peu crédible que tout le monde s'aperçoit bien qu'il ne s'agit que de remplir les caisses de l'Etat.

Ca suffit! Qui lance une initiative pour que toute augmentation de taxe (y compris les taxes sur l'essence, bien sûr), émolument, contravention, vignette, redevance, etc.. supérieure à l'inflation soit soumise en votation populaire? On a assez craché au bassinet!

14:35 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |