11/04/2016

Fan absolu de Leicester

Je suis un fan absolu de Leicester. Oh, pas depuis longtemps... Ca m'est venu petit à petit, en cours de saison. Et ça ne durera probablement pas au-delà de cet été. Qui sait? Mais peu importe... Je suis un fan absolu de ce que le FC Leicester-City réalise dans le championnat de Premier League et j'espère de tout cœur qu'il va aller au bout de son incroyable exploit: devenir champion d'Angleterre!

Leicester champion d'Angleterre, c'est un peu comme si Etoile-Carouge ou Schaffhouse devenaient champion de Suisse, pour situer l'exploit... Et encore: l'écart financier entre Etoile-Carouge et Bâle est sans doute moins grand que celui entre Leicester et les clubs multi-millionnaires de Manchester United, Chelsea, Arsenal ou Liverpool. Mais voilà: si le foot reste aussi magique, c'est que c'est sans doute le seul sport ou le petit peut faire la nique aux grands, riches et fortunés sur une saison entière.

Si cet exploit se réalise (il reste 5 matches à jouer et Leicester à 7 points d'avance sur Tottenham, tout de même...), alors il permettra de remettre au goût du jour quelques vertus morales que l'on croyait oubliées à jamais. D'abord l'esprit d'équipe et la solidarité. Oui, la solidarité, ce terme enterré par les individualistes égocentriques et galvaudé par les collectivistes invétérés. Vous avez vu jouer Leicester, contre Southampton, contre Crystal Palace ou contre Sunderland? Chacun des onze joueurs joue avant tout pour l'équipe, se défonce corps et âme pour pallier à une carence de son partenaire, privilégie la passe utile à l'exploit individuel, et respecte le dispositif tactique jusqu'à la dernière seconde de jeu.

Oh, le jeu de Leicester n'est pas très léché, ni spectaculaire. Mais l'engagement vous prend aux tripes, la performance collective vous laisse scotché devant le téléviseur. Les joueurs de Leicester en début de saison: des inconnus. Jamie Vardy pointait à l'usine il y a quelques années et jouait accessoirement dans un club 6e division anglaise (en Suisse, ce serait le FC Onex, ou le FC Grand-Saconnex, pour situer...). Aujourd'hui il est international, vraisemblablement sélectionné pour l'Euro, et sa valeur marchande à plus que décuplé. Dans son style de jeu, Vardy, c'est Rooney il y a dix ans! L'Algérien Riyad Mahrez, snobé par PSG et l'OM, a été pêché au Havre (c'est pas bien loin...) pour moins d'un million, il en vaut 30 fois plus aujourd'hui. N'Golo Kanté, cet infatigable demi défensif si précieux, a transité par Boulogne et par Caen avant de devenir une pièce maitresse du futur (?) champion d'Angleterre. Et que dire de ce Huth, cette montagne défensive germanique, de ce Fuchs, son alter ego autrichien, de ces Morgan, Drinkwater (un Bevilacqua anglais?), Albrighton, soldats inconnus hier, probables stars demain? Sans oublier le gardien Casper Schmeichel, le fils de Peter, champion d'Europe tout aussi improbable en 1992 avec le Danemark.

Une équipe de foot qui marche, c'est avant tout une alchimie réussie. Les mérites du sorcier italien Claudio Ranieri sont donc immenses. Il a transformé une citrouille en carrosse. Pour reprendre les termes d'un consultant de Canal +, Leicester est une équipe qui a un "supplément d'âme". Et Dieu que ça fait du bien. Et même si ça ne dure pas au-delà de la saison actuelle, parce que le foot-business aura repris ses droits et que les joueurs auront signé des contrats mirobolants dans d'autres clubs, c'est pas bien grave. Parce que le souvenir de ce conte de fée collectif restera gravé dans les mémoires. Et c'est ce qui compte.

 

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07/03/2016

C'est beau quand Infantino dit go à la vidéo

Deux semaines! C'est le temps qu'il aura fallu à Gianni Infantino, nouveau Président de la FIFA pour prendre une décision que tous les passionnés de foot attendaient depuis de longues années: le recours à la vidéo pour aider les arbitres. Deux semaines pour balayer 10 ans d'hésitations poussiéreuses des gérontes Blatter et Platini. Cela nous ferait presque croire que la révolution est enfin en marche à la FIFA...

C'est qu'en matière de recours à la technologie, le foot a pris plusieurs trains  retard sur les autres sports. Sur le tennis où les trois "challenges" que possède chaque joueur lors de chaque set a supprimé les crises de nerf à la McEnroe. Sur le rugby où les arbitres conjuguent allégrement recours à la vidéo et décompte du temps réellement joué. Sur le hockey, qui utilise ces technologies depuis longtemps. Bref, sur tous les autres sports professionnels.

Spectateur attentif d'un match de milieu de classement de la Premier League  ce week-end, Gianni Infantino a sans doute pu se convaincre un peu plus des bienfaits de la "video sur la ligne de but", utilisée régulièrement par les Anglais, ces gardiens du temple football pas si conservateurs que ça. Le recours à cette technologie  a permis de dédramatiser toutes ces situations litigieuses où le seul œil de l'arbitre et d'un éventuel juge de touche, souvent situés tous deux à 30 mètres de l'action, devaient déterminer en 2 ou 3 secondes si le ballon avait franchi la ligne ou non. Cet anachronisme actuel a certes écrit une page mémorable de l'histoire du football (le 3e but anglais de Geoff Hurst lors de la finale de la Worldcup 1966). Le remake du huitième de finale de 2010 en Afrique du Sud, où toute la planète... sauf l'arbitre vit rentrer d'un demi-mètre dans le but allemand le tir de Franck Lampard, est beaucoup moins romanesque. Il illustrait 44 ans plus tard l'immobilisme stérile des dirigeants du foot mondial.

Alors si Infantino dit go à l'utilisation de la vidéo, on pourrait également lui suggérer quelques autres réformes qui auraient le mérite d'éradiquer les pandémies qui étouffent les matches de foot. Citons dans le désordre:

- Le décompte du temps réel. Comme au hockey, on arrête le chrono à chaque arrêt de jeu. Ca évitera bon nombre de simulations et de tragi-comédies et tant pis si ça bouleverse le timing des programmes TV. Elles compenseront en diffusant de la pub lors des arrêts...

- L'utilisation de trois "challenges" par équipe pour revoir une action litigieuse à la vidéo (but, hors-jeu, agression, etc...). Comme au tennis, le challenge est perdu s'il est mal utilisé. L'arbitre, lui, dispose d'un recours discrétionnaire à la vidéo. Comme on décompte les arrêts de jeu, il n'y a pas de problème.

- Un juge de ligne derrière chaque but qui lève son drapeau à chaque fois qu'il y a une action litigieuse. Pour donner un penalty ou avertir un simulateur. Six ou sept penalties lors de chaque match risquent-ils de dénaturer un match? Pas de risque, ça ne durera pas longtemps, les joueurs et entraineurs comprendront vite. Ca fait 5 directeurs de jeu? Et alors! Il y en a bien 4 au hockey sur une patinoire qui est 6 à 8 fois plus petite qu'un terrain de foot.

- L'interdiction absolue à chaque joueur de s'adresser à l'arbitre. Comme au rugby, seul le capitaine en a le droit. Avertissement systématique pour chaque joueur qui parle à l'arbitre! Cela nous évitera ces scènes insupportables, que l'on observe aussi bien en Champion's League, en 2e ligue interrégionale et chez les juniors, où l'on voit des joueurs-psychopathes au yeux injectés de sang qui se mettent à hurler comme des damnés à la moindre bousculade.

Début de programme pour un football qui veut rejoindre la modernité. Il sera temps ensuite pour Gianni Infantino de réexaminer l'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar...

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22/10/2015

Pour qui dois-je voter si... ?

Petite question aux éminents analystes politiques et spécialistes de la chose publique.

Pour qui dois-je voter si:

- Je suis pour une caisse maladie unique, cantonale ou fédérale, avec limitation du catalogue de prestations de l'assurance de base (parce que j'en ai marre de me faire truander)

- Je suis pour la traversée du lac avec un chapelet de parkings d'échange en bordure du contournement de Genève (parce que toutes les autres villes le font)

- Je suis pour un contrôle du marché du travail et une limitation des permis de travail (parce qu'il faut laisser une chance d'emploi à nos jeunes, nos vieux et nos compatriotes non qualifiés).

- Je suis pour la réforme sur l'imposition des entreprises et le taux unique à 13% (parce que je n'ai pas envie de détruire des emplois)

- Je suis contre le relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans (parce que l'écrasante majorité des employeurs n'engage plus de personnes de plus de 50 ans)

- Je suis pour le maintien des accords bilatéraux mais contre toute adhésion à l'Union européenne (parce qu'on ne peut pas vivre en autarcie mais on n'a pas à brader notre démocratie directe)

- Je suis pour la transition énergétique (parce que je préfère utiliser le vent et le soleil plutôt que le pétrole et le nucléaire)

- Je suis contre toute hausse d'impôt, de taxe, de redevance, de prime  d'émoluments, d'amendes, de contravention etc... (parce que je suis absolument convaincu que toutes les administrations et régies publiques ont assez de moyens)

- Je suis fier d'être Suisse, indépendant et neutre (parce que je n'ai aucune raison de renier mon ADN)

- Je ne suis ni cynique ni angélique (parce que ça aide à vivre mieux).

Pouvez-vous m'aider dans mon choix?

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