09/01/2017

RIE III miné par la trahison sur l'immigration

Je suis favorable sans la moindre réserve à la réforme sur l'imposition des entreprises, plus connue sous le nom de RIE III, soumise en votation fédérale le 12 février. J'y suis favorable depuis toujours, parce qu'une fiscalité modérée est l'élément LE PLUS IMPORTANT pour conserver et développer l'emploi. Presque deux décennies de pratique de cet instrument, dans le cadre d'une promotion économique efficace et dynamique, m'ont convaincu depuis longtemps de sa pertinence. Et je serai bien entendu également largement favorable au taux d'imposition genevois de 13,49% lorsqu'il nous sera enfin soumis en votation cantonale.

Le danger de délocalisation de nombreux emplois liés au secteur international, et par effet de domino de disparition de nombreux emplois locaux liées aux services et à la sous-traitance, est bien réel. J'en veux pour preuve la fermeture traumatisante de Merck-Serono, en 2012, où nous entendîmes les opposants éternels et viscéraux aux multinationales (en gros la gauche dogmatique) venir pleurer misère et nous sommer de sauver un bistrot, un traiteur ou une crèche qui voyait ses clients partir sous d'autres cieux. Ce danger de délocalisation est infiniment plus fort qu'une perte des recettes pour l'Etat, qu'elle se chiffre à 300 ou 500 millions. Bon, il est vrai que les estimations farfelues du très incompétent conseiller fédéral Merz lors de la précédente réforme (RIE II), ne facilitent pas la tâche des partisans.

Longtemps j'ai cru que la réforme RIE III allait être largement gagnante dans les urnes, voire plébiscitée comme ce fut le cas dans le canton de Vaud (+ de 80% de oui). Mais si Vaud a su habilement saisir l'instant politique favorable, la Confédération et Genève, par leurs incompréhensibles atermoiements, voient aujourd'hui leur "marge de sécurité" se réduire dangereusement.

Les premiers sondages sur RIE III viennent en effet de sortir. Et ils ne sont pas bons! Certes, on sait ce que valent les sondages, mais tout de même: sur les questions économiques et fiscales, les Suisses (et même les Genevois) ont toujours préféré l'approche compétitive à la vision étatiste. Alors pourquoi voit-on soudain poindre le risque d'un verdict négatif le 12 février?

Je crains hélas que RIE III soit minée par la trahison des Chambres fédérales sur l'immigration de masse survenue en fin d'année dernière. Cette non-application délibérée de l'initiative acceptée par le peuple le 9 février 2014 passe mal, très mal, et surtout en Suisse-allemande. Le refus obstiné (mortifère?) de remettre en place des contingents pour les travailleurs étrangers, autrement dit de re-réguler le marché de l'emploi, risque de devenir une erreur historique. Ce n'est pas le même sujet? Allons, restons sérieux. Le lien entre économie et emploi est organique: les électeurs le voient, le ressentent, le vivent chaque jour. Il n'y a d'ailleurs que Genève qui l'a brisé en répartissant ces deux politiques publiques dans deux Départements différents. Pour un résultat très médiocre.

Le lien entre économie et emploi s'est d'ailleurs longtemps matérialisé par un consensus informel en matière d'arrivée d'entreprises étrangères pourvoyeuses d'emplois. Leur installation était facilité, et en contrepartie elles engageaient 50% de leur personnel localement. Tout le monde y gagnait. Mais ce consensus s'est étiolé, comme s'est étiolée la fibre sociale de nombre d'entreprises locales devant les facilités sans limites ni contrôles octroyées par la libre circulation des personnes. Aujourd'hui la contrepartie n'existe plus, le marché de l'emploi est devenu une jungle sans foi ni loi ou de plus en plus de résidents restent sur le carreau, confrontés à une concurrence innombrable et sauvage.

Re-réguler le marché de l'emploi avec la remise en place de contingents, accepter RIE III afin de favoriser le développement des emplois en diminuant au passage la charge fiscale des entreprises locales, c'était le scénario idéal pour conjuguer harmonieusement dans les dix années à venir développement économique et protection sociale. La seule formule qui marche dans ce pays. Au lieu de cela les Chambres fédérales, inexplicablement soutenues par les ministres de l'économie, ont préféré l'aplaventrisme devant l'Union européenne, quitte à attiser le feu du mécontentement populaire. Espérons que les électeurs bernés ne se vengent pas sur RIE III!

17:33 Publié dans Genève | Tags : rie iii, immigration de masse, développement économique, emploi | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

04/07/2016

Les stats dans le foot: i-nu-tiles!!!

Le téléspectateur en est abreuvé, assailli. Pas de beau jeu, encore moins de buts, mais surtout de statistiques. Dans les présentations d'avant-match, à la mi-temps, en cours de match, à l'heure des analyses. Pâle et triste reflet de notre époque, ou tout doit être codifié, disséqué, comparé (pardon: benchmarké...), exprimé en chiffres, si possible dans des tableaux à plusieurs entrées, et surtout avec plein de pourcentages.

Churchill disait ne croire qu'aux statistiques qu'il avait lui-même manipulées. La définition officieuse de la statistique: des calculs justes sur des chiffres faux. Une autre définition, plus drôle encore: la statistique est au mathématicien ce que le lampadaire est à l'ivrogne: elle le soutient plus qu'elle ne l'éclaire! En dépit de tout cela, on inonde aujourd'hui le foot de statistiques QUI NE VEULENT ABSOLUMENT RIEN DIRE.

Plusieurs exemple que tous le footeux comprendront. L'équipe A réussit 468 passes dans un match, l'équipe B seulement 97. A priori, on en conclut que l'équipe A joue mieux. Mais si l'équipe A se contente de passes latérales alors que l'équipe B joue, elle, dans la profondeur, la conclusion s'inverse.

Autre exemple: l'équipe A a eu le contrôle du ballon pendant 77% du temps de jeu, alors que l'équipe B ne l'a gardé que pendant 23%. Conclusion: la formidable équipe A l'a emporté. Ben pas forcément. L'équipe A, même en contrôlant le ballon pendant trois quarts du temps. a très bien pu s'incliner 2-0 sur deux contres meurtriers de l'équipe B. Elle aurait aussi pu gagner 4-0. Bref: la statistique ne veut rien dire.

Encore un exemple; les joueurs de l'équipe A ont couru chacun 10,8 km en moyenne pendant le match, ceux de l'équipe B seulement 8,3 km. Et alors? On fait de la course à pied ou du football? Si les joueurs de l'équipe A ont couru 10,8 km sans toucher le ballon, on n'en voit pas bien l'utilité. Et encore: l'équipe A a tiré 7 fois dans le cadre des buts, l'équipe B une seule fois. Conclusion? Vous hésitez... je comprends! Surtout si les 7 tirs de l'équipe A ont été facilement arrêtés par le gardien alors que le seul tir de l'équipe B a fini sa course dans la lucarne.

Il y a des sports où la statistique est pertinente. En tennis, lorsque Federer passe 75% de premières balles au service, on sait qu'il a certainement remporté le match. Et lorsqu'il commet 32 fautes directes sur son revers, on sait qu'il a mal joué et peut-être perdu. Mais en foot, désolé, la statistique ne veut rien dire.

Et de plus, elle ne nous consolera pas du piètre spectacle offensif de cet Euro. Alors Messieurs les statisticiens-comptables-technocrates, si vous voulez que le football redevienne attractif, balancez tous vos tableaux et vos statistiques à la poubelle et entreprenez de vraies réformes. Par exemple? Supprimer le hors jeu, recourir aux images vidéo pour les actions litigieuses dans les 16m, décompter le temps réel, permettre au 5e arbitre d'intervenir directement, avertir systématiquement tout joueur qui provoque, qui simule, qui réclame ou qui s'adresse vertement à l'arbitre. Comment, c'est plus difficile que de remplir des tableaux? Ben oui, mais ce serait bien plus utile.

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14/04/2016

Benzema-Griezmann: chronique d'un mercredi soir

D'un côté il y a l'adulescent Benzema, caïd de vestiaire, buteur millionnaire dépourvu du sens des valeurs, défrayant autant la chronique people que sportive, et qui pleurniche le mercredi soir sur Twitter pour annoncer à la terre entière qu'il n'a pas été invité à la mega-teuf de l'Euro cet été.
De l'autre côté il y a le jeune adulte Griezmann, formé à la dure ecole des bas-fonds de la Liga, futur buteur millionnaire pétri de saines valeurs, s'exprimant aussi clairement balle au pied que devant un micro, et qui le même soir inscrit les deux buts de l'Atletico qui éliminent le Barca en quarts de finale de la Champion's League.
Quoi qu'il arrive, le choix de Deschamps et de la FFF aura été le bon. D'une part il faut en finir avec la génération "caillera" du foot français qui aura beaucoup fait parler d'elle sans jamais rien gagner. D'autre part il faut se souvenir qu'en 1998 le sélectionneur Jaquet n'avait pas retenu Cantona et Ginola, qu'il en avait pris "plein la tronche" pendant trois mois mais que la France avait gagné la Coupe du monde.
En foot, prendre un peu de recul et parfois aussi utile qu'une passe en retrait...

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