03/02/2017

RIE 3 EXCELLENT POUR LES COMMUNES

Selon l'Office cantonal de la statistique (publication du 1er février 2017), les communes genevoises tirent 71% de leurs recettes fiscales avec l'impôt sur le REVENU des personnes physiques.

- Donc ce qui est important pour les communes, et en premier lieu pour la Ville de Genève et les grandes communes suburbaines, ce n'est pas de taxer fortement les entreprises, mais bien d'avoir beaucoup d'EMPLOIS pour avoir d'importants impôts sur le REVENU.

- Donc il faut défendre les EMPLOIS, dans les multis, dans les PME, chez les indépendants, partout, pour avoir davantage de recettes fiscales.

- Donc il ne faut pas que les multis partent parce qu'il y aura beaucoup moins d'EMPLOIS. Exemple vécu: la fermeture de Merck-Serono en 2012, 1200 emplois détruits, 70 millions de recettes fiscales perdues chaque année. Pour une seul multi!

- Donc il faut voter OUI à RIE 3 pour défendre l'EMPLOI, et donc préserver les recettes fiscales

CQFD

Maintenant je ne sais pas ce que fichent les partisans de cette réforme, les Départements de l'Economie et autres organisations faîtières incapables d'aligner des arguments simples et percutants et qui courent le risquent de nous foirer cette votation.

Bon, il est vrai qu'ils ne se sont guère mobilisés pour que les emplois bénéficient en priorité aux Suisses ou aux résidents...

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09/01/2017

RIE III miné par la trahison sur l'immigration

Je suis favorable sans la moindre réserve à la réforme sur l'imposition des entreprises, plus connue sous le nom de RIE III, soumise en votation fédérale le 12 février. J'y suis favorable depuis toujours, parce qu'une fiscalité modérée est l'élément LE PLUS IMPORTANT pour conserver et développer l'emploi. Presque deux décennies de pratique de cet instrument, dans le cadre d'une promotion économique efficace et dynamique, m'ont convaincu depuis longtemps de sa pertinence. Et je serai bien entendu également largement favorable au taux d'imposition genevois de 13,49% lorsqu'il nous sera enfin soumis en votation cantonale.

Le danger de délocalisation de nombreux emplois liés au secteur international, et par effet de domino de disparition de nombreux emplois locaux liées aux services et à la sous-traitance, est bien réel. J'en veux pour preuve la fermeture traumatisante de Merck-Serono, en 2012, où nous entendîmes les opposants éternels et viscéraux aux multinationales (en gros la gauche dogmatique) venir pleurer misère et nous sommer de sauver un bistrot, un traiteur ou une crèche qui voyait ses clients partir sous d'autres cieux. Ce danger de délocalisation est infiniment plus fort qu'une perte des recettes pour l'Etat, qu'elle se chiffre à 300 ou 500 millions. Bon, il est vrai que les estimations farfelues du très incompétent conseiller fédéral Merz lors de la précédente réforme (RIE II), ne facilitent pas la tâche des partisans.

Longtemps j'ai cru que la réforme RIE III allait être largement gagnante dans les urnes, voire plébiscitée comme ce fut le cas dans le canton de Vaud (+ de 80% de oui). Mais si Vaud a su habilement saisir l'instant politique favorable, la Confédération et Genève, par leurs incompréhensibles atermoiements, voient aujourd'hui leur "marge de sécurité" se réduire dangereusement.

Les premiers sondages sur RIE III viennent en effet de sortir. Et ils ne sont pas bons! Certes, on sait ce que valent les sondages, mais tout de même: sur les questions économiques et fiscales, les Suisses (et même les Genevois) ont toujours préféré l'approche compétitive à la vision étatiste. Alors pourquoi voit-on soudain poindre le risque d'un verdict négatif le 12 février?

Je crains hélas que RIE III soit minée par la trahison des Chambres fédérales sur l'immigration de masse survenue en fin d'année dernière. Cette non-application délibérée de l'initiative acceptée par le peuple le 9 février 2014 passe mal, très mal, et surtout en Suisse-allemande. Le refus obstiné (mortifère?) de remettre en place des contingents pour les travailleurs étrangers, autrement dit de re-réguler le marché de l'emploi, risque de devenir une erreur historique. Ce n'est pas le même sujet? Allons, restons sérieux. Le lien entre économie et emploi est organique: les électeurs le voient, le ressentent, le vivent chaque jour. Il n'y a d'ailleurs que Genève qui l'a brisé en répartissant ces deux politiques publiques dans deux Départements différents. Pour un résultat très médiocre.

Le lien entre économie et emploi s'est d'ailleurs longtemps matérialisé par un consensus informel en matière d'arrivée d'entreprises étrangères pourvoyeuses d'emplois. Leur installation était facilité, et en contrepartie elles engageaient 50% de leur personnel localement. Tout le monde y gagnait. Mais ce consensus s'est étiolé, comme s'est étiolée la fibre sociale de nombre d'entreprises locales devant les facilités sans limites ni contrôles octroyées par la libre circulation des personnes. Aujourd'hui la contrepartie n'existe plus, le marché de l'emploi est devenu une jungle sans foi ni loi ou de plus en plus de résidents restent sur le carreau, confrontés à une concurrence innombrable et sauvage.

Re-réguler le marché de l'emploi avec la remise en place de contingents, accepter RIE III afin de favoriser le développement des emplois en diminuant au passage la charge fiscale des entreprises locales, c'était le scénario idéal pour conjuguer harmonieusement dans les dix années à venir développement économique et protection sociale. La seule formule qui marche dans ce pays. Au lieu de cela les Chambres fédérales, inexplicablement soutenues par les ministres de l'économie, ont préféré l'aplaventrisme devant l'Union européenne, quitte à attiser le feu du mécontentement populaire. Espérons que les électeurs bernés ne se vengent pas sur RIE III!

17:33 Publié dans Genève | Tags : rie iii, immigration de masse, développement économique, emploi | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

14/10/2015

Amendes amères et sub-prime d'assurance: on a assez craché au bassinet!

La lutte pour maintenir le pouvoir d'achat des habitants et la compétitivité des entreprises, tous deux gages de notre prospérité, devraient être au cœur des préoccupations de l'Etat. Depuis quelque temps, ils ont complètement disparu de l'horizon de nos gouvernants, dont la vision se limite à la dernière ligne du tableau Excel et dont  la préoccupation majeure, pour ne pas dire unique, se résume à créer de nouvelles lois, instaurer et augmenter toutes sortes de taxes.

Pouvoir d'achat et compétitivité des entreprises, donc. Beau challenge pour lequel une certaine hauteur de vue et une indispensable largeur d'action sont nécessaires. Mais maintenant que les responsables de l'économie n'en maîtrisent même plus les notions de base, il est indispensable que les citoyens, s'ils veulent arrêter d'être tondus, prennent leur sort en main et interviennent davantage.

Comment? Il y a certes les élections aux Chambres fédérales actuellement, mais c'est un moyen trop indirect et sans la moindre garantie, on l'a souvent vu. La vision des élus du peuple étant désormais exclusivement bornée par les œillères juridiques et budgétaires, il devient indispensable que les citoyens, du pays comme du canton, puissent se prononcer, en votation populaire, sur TOUTES les augmentations qu'ils doivent subir.

En Suisse et à Genève, on peut voter depuis longtemps  sur les augmentations d'impôt. C'est bien parce que ça réfrène l'appétit vorace de l'Etat. Mais ces garde-fous (c'est le mot) ne sont plus suffisants. L'inextinguible soif de nouvelles recettes, renforcée par une densité normative toujours plus forte, se matérialisent par de augmentations délirantes de taxes, émoluments et autres primes obligatoires, qui érodent depuis plusieurs années le fameux pouvoir d'achat. Deux exemples:

Le plus flagrant, le plus connu, le plus douloureux et le plus scandaleux est bien entendu celui des primes d'assurance-maladie. Depuis l'introduction de la funeste Lamal, ces primes ont augmenté infiniment plus fortement que l'inflation. Fixées par un quarteron d'assureurs hors de tout contrôle, recevant même la bénédiction du pseudo-contrôleur (l'OFSP), ces primes s'apparentent aujourd'hui à un racket légal, quand il ne s'agit pas tout bonnement de détournement (les réserves des assurés genevois et vaudois utilisées dans d'autres cantons). Sans la moindre justification économique, ces sub-primes perçues sur un marché totalement captif (dû à l'obligation de s'assurer) ne peuvent être contestées par personne.

Qui lance une initiative pour que toute extension du catalogue de soins de l'assurance de base et toute augmentation de prime qui dépasse l'inflation soient soumises en votation populaire?

Autre domaine sur lequel le citoyen doit avaler tout cru des augmentations vertigineuses et sans fondement économique: les amendes et les contraventions, comme on vient de l'apprendre à Genève. Il y a eu la stupidité crasse des jours-amende, qui privilégient le délinquant sans revenu mais assomment l'honnête citoyen travailleur: encore une belle invention de juristes! S'est ajoutée ensuite la démence de Via Sicura. Et maintenant voilà qu'à Genève on veut augmenter de 200%, voire même de 400% certaines contraventions, avec une justification de prévention tellement peu crédible que tout le monde s'aperçoit bien qu'il ne s'agit que de remplir les caisses de l'Etat.

Ca suffit! Qui lance une initiative pour que toute augmentation de taxe (y compris les taxes sur l'essence, bien sûr), émolument, contravention, vignette, redevance, etc.. supérieure à l'inflation soit soumise en votation populaire? On a assez craché au bassinet!

14:35 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |