25/06/2015

Federer: 86. Et 34! Et 18?

Dans l'avalanche de chiffres, des statistiques et de records qui parsèment la carrière de Roger Federer, j'en ressors trois pour mieux situer sa stature... et pour démontrer qu'il va gagner le tournoi de Wimbledon, qui commence la semaine prochaine!

86, d'abord. Soit le nombre de tournois ATP remportés au cours de sa carrière, en un peu plus de 15 ans maintenant. Soit en moyenne 6 titres chaque année, bon an mal an, pour un sportif qui n'a pas particulièrement cherché à "courir le cachet", comme l'on fait ses deux seuls prédécesseurs dans ce classement, Connors (109 titres) et Lendl (94), et qui a toujours accordé au moins autant d'importance à ses victoires qu'à ses phases de récupération. Son 86e titre, il l'a gagné dimanche à Halle, sur gazon. Il est donc en forme et prêt pour le défi. Comme d'habitude.

34, ensuite. Ce sera son âge, au mois d'août prochain. Respectable, pour ne pas dire canonique pour un tennisman de haut niveau. Surtout que Federer y est toujours resté, au haut niveau. Alors que bon nombre d'observateurs prédisaient comme inéluctable son déclin en 2011, il est redevenu no1 mondial l'année suivante, a gagné Wimbledon dans la foulée et reste encore à ce jour... le deuxième meilleur joueur du monde! Depuis son ascension il n'a jamais quitté les sommets.

Alors 18, enfin. Soit ce 18e titre du Grand Chelem après lequel il court depuis 3 ans. Peut-il encore le gagner? La raison plaide froidement pour le non, mais le cœur nous crie oui. Alors écoutons le cœur.

Le cœur nous susurre ainsi que Wimbledon est sans doute la levée du Grand Chelem la plus à sa portée. Pourquoi? Parce que sur gazon la technique prime, la variété du service compte, la volée redevient une arme redoutable et les échanges sont en principe raccourcis. Donc sur cette surface Federer a une petite chance de sortir vainqueur d'un combat en cinq manches contre des matraqueurs comme Djoko, Nadal, Stan ou Murray. Ce qui n'est à l'évidence plus le cas à Roland-Garros. D'ailleurs n'a-t-il pas perdu l'an dernier la finale de Wimbledon en 5 sets contre Djoko, 6-4 au 5e...

Bon, Roger peut aussi perdre en trois sets contre un lance-mines au service comme Cilic, Karlovic, Isner ou un joueur en état de grâce comme Tsonga, Stakhovski ou Kyrgios. Mais peu importe! Lui, il est convaincu qu'il peut gagner. Et moi, et beaucoup d'autres, on veut absolument croire qu'il va gagner. Pourquoi? Parce que sa victoire défierait la logique, l'entendement, les pronostics, les avis autorisés des experts. Et aussi parce que Roger Federer incarne une Suisse décomplexée, décontractée, inventive, internationale, humble et humaine et qu'on l'aime pour tout cela et pour tout le reste.  

17:40 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |