29/03/2017

L'heure des grandes, basses et sombres manoeuvres

La politique, ce n'est pas que le vertueux échange de visions, d'arguments et de débats. La politique, c'est aussi et surtout, et depuis toujours, l'art des grandes, basses et sombres manœuvres pour propulser un candidat ou en éliminer un autre. La bien-pensance intello-médiatique les réprouve officiellement, tout en les commentant abondamment.  Alors loin de cette hypocrisie générale, il faut savoir aussi admirer ces manœuvres rondement menées, même si leurs auteurs ou leurs victimes sont bien loin de nos idéaux.

Nous sommes donc bien obligés de tirer un grand coup de chapeau aux milieux bobos-socialos-financiers qui vont faire élire Macron Président de la République française. Au terme d'une opération de grande envergure menée avec un timing parfait. D'abord, le saltimbanque sort du gouvernement pour avoir les coudées franches. Puis on laisse l'adversaire (La Droite) choisir son candidat (Fillon) et sa ligne de conduite (la rigueur et la probité). Ensuite on sort au compte-gouttes les infos qui démolissent, brique après brique, l'image du favori. Fillon facilite enfin définitivement la tâche des grands manipulateurs avec ses phases successives de déni, de contradictions, de dissimulation, de colère (contres les juges, les médias) et d'entêtement égotique qui vont entrainer tout son camp dans la défaite. Résultat de la manoeuvre: la France se dirige tout droit vers un  quinquennat Hollande-bis, si on en croit le mouvement de ralliement des ministres socialistes  (Le Drian, Valls) qui commence à s'amplifier. Que le futur Président Macron soit d'une rare inconsistance et qu'il devienne pendant 5 ans l'otage de ses "sponsors" ne joue plus aucun rôle. C'est tout de même du grand art.

De même, il faut reconnaitre l'habileté de la manœuvre des conservateurs valaisans qui ont réussi à éjecter l'UDC Freysinger du gouvernement. Là non plus, pas d'annonce officielle, mais quelle efficacité dans les réseaux pour propulser au Conseil d'Etat un quasi-inconnu, le PLR Frédéric Favre. Certes, encore une fois, la victime a facilité la manœuvre à son encontre par ses outrances et sa stratégie foireuse d'Ensemble à droite. Cela n'empêche pas d'observer que le coup a été bien monté.

Et la suite? Eh bien on va se réjouir des grandes, basses et sombres manoeuvres pour l'élection au Conseil d'Etat genevois en 2018... Elles ont d'ailleurs déjà commencé, germant cette fois sur le terreau favorable du bilan calamiteux (ou de l'absence totale de bilan) de la majorité PLR-PDC au pouvoir. Cela excite forcément les convoitises. On va observer, au choix: une manœuvre  PS-Verts, avec PLR en sous-main (configuration deux fois victorieuse, à Vernier et à Onex) pour éjecter le MCG Poggia dont le parti est affaibli. Ou alors une manoeuvre PS-Verts, avec le MCG en sous-main pour éjecter un des deux PDC et donner un siège supplémentaire à la gauche. Ou encore la manœuvre UDC-PLR pour éjecter un PDC surreprésenté au profit d'un représentant d'une droite plus dure (3e élu PLR, voire un élu UDC). Ou encore la manœuvre UDC-MCG pour éjecter un des deux PLR incarnant la faillite du gouvernement actuel.

Bref, les grandes, basses et sombres manœuvres. Ca ne s'écrit pas, ne s'avoue surtout pas, mais ça se pratique intensément.

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