22/10/2015

Pour qui dois-je voter si... ?

Petite question aux éminents analystes politiques et spécialistes de la chose publique.

Pour qui dois-je voter si:

- Je suis pour une caisse maladie unique, cantonale ou fédérale, avec limitation du catalogue de prestations de l'assurance de base (parce que j'en ai marre de me faire truander)

- Je suis pour la traversée du lac avec un chapelet de parkings d'échange en bordure du contournement de Genève (parce que toutes les autres villes le font)

- Je suis pour un contrôle du marché du travail et une limitation des permis de travail (parce qu'il faut laisser une chance d'emploi à nos jeunes, nos vieux et nos compatriotes non qualifiés).

- Je suis pour la réforme sur l'imposition des entreprises et le taux unique à 13% (parce que je n'ai pas envie de détruire des emplois)

- Je suis contre le relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans (parce que l'écrasante majorité des employeurs n'engage plus de personnes de plus de 50 ans)

- Je suis pour le maintien des accords bilatéraux mais contre toute adhésion à l'Union européenne (parce qu'on ne peut pas vivre en autarcie mais on n'a pas à brader notre démocratie directe)

- Je suis pour la transition énergétique (parce que je préfère utiliser le vent et le soleil plutôt que le pétrole et le nucléaire)

- Je suis contre toute hausse d'impôt, de taxe, de redevance, de prime  d'émoluments, d'amendes, de contravention etc... (parce que je suis absolument convaincu que toutes les administrations et régies publiques ont assez de moyens)

- Je suis fier d'être Suisse, indépendant et neutre (parce que je n'ai aucune raison de renier mon ADN)

- Je ne suis ni cynique ni angélique (parce que ça aide à vivre mieux).

Pouvez-vous m'aider dans mon choix?

11:00 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

14/10/2015

Amendes amères et sub-prime d'assurance: on a assez craché au bassinet!

La lutte pour maintenir le pouvoir d'achat des habitants et la compétitivité des entreprises, tous deux gages de notre prospérité, devraient être au cœur des préoccupations de l'Etat. Depuis quelque temps, ils ont complètement disparu de l'horizon de nos gouvernants, dont la vision se limite à la dernière ligne du tableau Excel et dont  la préoccupation majeure, pour ne pas dire unique, se résume à créer de nouvelles lois, instaurer et augmenter toutes sortes de taxes.

Pouvoir d'achat et compétitivité des entreprises, donc. Beau challenge pour lequel une certaine hauteur de vue et une indispensable largeur d'action sont nécessaires. Mais maintenant que les responsables de l'économie n'en maîtrisent même plus les notions de base, il est indispensable que les citoyens, s'ils veulent arrêter d'être tondus, prennent leur sort en main et interviennent davantage.

Comment? Il y a certes les élections aux Chambres fédérales actuellement, mais c'est un moyen trop indirect et sans la moindre garantie, on l'a souvent vu. La vision des élus du peuple étant désormais exclusivement bornée par les œillères juridiques et budgétaires, il devient indispensable que les citoyens, du pays comme du canton, puissent se prononcer, en votation populaire, sur TOUTES les augmentations qu'ils doivent subir.

En Suisse et à Genève, on peut voter depuis longtemps  sur les augmentations d'impôt. C'est bien parce que ça réfrène l'appétit vorace de l'Etat. Mais ces garde-fous (c'est le mot) ne sont plus suffisants. L'inextinguible soif de nouvelles recettes, renforcée par une densité normative toujours plus forte, se matérialisent par de augmentations délirantes de taxes, émoluments et autres primes obligatoires, qui érodent depuis plusieurs années le fameux pouvoir d'achat. Deux exemples:

Le plus flagrant, le plus connu, le plus douloureux et le plus scandaleux est bien entendu celui des primes d'assurance-maladie. Depuis l'introduction de la funeste Lamal, ces primes ont augmenté infiniment plus fortement que l'inflation. Fixées par un quarteron d'assureurs hors de tout contrôle, recevant même la bénédiction du pseudo-contrôleur (l'OFSP), ces primes s'apparentent aujourd'hui à un racket légal, quand il ne s'agit pas tout bonnement de détournement (les réserves des assurés genevois et vaudois utilisées dans d'autres cantons). Sans la moindre justification économique, ces sub-primes perçues sur un marché totalement captif (dû à l'obligation de s'assurer) ne peuvent être contestées par personne.

Qui lance une initiative pour que toute extension du catalogue de soins de l'assurance de base et toute augmentation de prime qui dépasse l'inflation soient soumises en votation populaire?

Autre domaine sur lequel le citoyen doit avaler tout cru des augmentations vertigineuses et sans fondement économique: les amendes et les contraventions, comme on vient de l'apprendre à Genève. Il y a eu la stupidité crasse des jours-amende, qui privilégient le délinquant sans revenu mais assomment l'honnête citoyen travailleur: encore une belle invention de juristes! S'est ajoutée ensuite la démence de Via Sicura. Et maintenant voilà qu'à Genève on veut augmenter de 200%, voire même de 400% certaines contraventions, avec une justification de prévention tellement peu crédible que tout le monde s'aperçoit bien qu'il ne s'agit que de remplir les caisses de l'Etat.

Ca suffit! Qui lance une initiative pour que toute augmentation de taxe (y compris les taxes sur l'essence, bien sûr), émolument, contravention, vignette, redevance, etc.. supérieure à l'inflation soit soumise en votation populaire? On a assez craché au bassinet!

14:35 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

06/10/2015

FIFA-UEFA: la chute des géants?

La fin de la Grande Guerre avait englouti, en 1918, la Prusse et l'Empire austro-hongrois, et consacré l'avènement des Etats-Unis. En sera-t-il de même ces prochaines années dans le monde du football? La FIFA, et l'UEFA dans son sillage, vont-elles survivre à la tempête médiatico-judiciaire, déclenchée par le Département de la Justice US, qui s'est abattue sur la première et va inévitablement toucher la seconde? Ces institutions existeront peut-être encore dans dix ans, mais certainement plus dans leur forme et leur gouvernance actuelle, avec d'autres types de fonctionnements et, surtout, avec un pouvoir sérieusement érodé.

Commençons par la FIFA. 40 ans de gérontocratie entre Joao Havelange et Sepp Blatter. De la Coupe du monde 1978 des colonels argentins (boycotée par un certain Johann Cruyff, si, si, les méga-stars savaient s'exprimer à l'époque...) à la désignation des pétrodollars qataris pour 2022, combien de Coupes de monde ont-elles été attribuées sans magouille? Même la vertueuse Allemagne aurait acheté l'organisation de la sienne en 2006...

C'est qu'en près de 40 ans, l'argent, le business et les intérêts économiques ont pris le pouvoir dans ce juteux marché du football estimé à quelque 300 milliards de dollars. Ils s'y sont d'autant plus confortablement installés que l'absence d'encadrement de ce marché et le peu de diligence des instances faîtières à en contrôler les flux financiers ont permis tous les excès. La règle du hors-jeu sur le terrain est mille fois plus auscultée, commentée et disséquée que la comptabilité des grands clubs, les mouvements de capitaux lors de transfert de joueurs ou l'élection des présidents de Fédérations nationales ou internationales.

Dans cet univers presque sans foi ni loi, à la gouvernance digne de Lucky Luke ou de Billy the Kid, mais où les dollars se déversent à flot, il ne fallait guère s'étonner que l'autoproclamé sheriff américain dégaine le premier. Comme d'habitude, il a brandi l'étendard fraichement amidonné de la morale internationale pour justifier son interventionnisme juridique, et surtout protéger ses intérêts économiques. Les représentants du Far West, avec cravate et lunettes cerclées, ne brandissent plus la Bible mais le code des obligations, les normes comptables internationales et la loi anti-corruption américaine. Leurs méthodes sont en revanche tout aussi expéditives: le pistolet sur la tempe, et les plumes et le goudron pour bien désigner les renégats à l'opprobre publique. Mais ne nous y trompons pas: les grandes puissances n'ont pas de principes, seulement des intérêts!

Ainsi Budweiser, Coca-Cola et Mc Donald's n'ont pas supporté que l'immense marché de la Coupe du monde 2022 leur échappe. Ils ont envoyé leurs chasseurs de primes pour chercher les actes de corruption, qui les ont forcément trouvés.  C'était trop facile, trop visible, trop évident, mais voilà, le camp d'en face croyait tellement à son immunité et son impunité...

Blatter est donc tombé. Il entrainera Platini dans sa chute. Et la suite ? Tout est à revoir à la FIFA: la gouvernance, le mode d'élection, la transparence des décisions, les liens d'intérêt. L'institution est discréditée et affaiblie, sa reconstruction s'effectuera sous la supervision du sheriff US. La prochaine cible sera l'UEFA. Les richissimes clubs européens, dont la plupart sont déjà au mains de groupes financiers internationaux, vont contester la régence de l'instance faîtière pour changer les règles, afin qu'elles soient plus favorables à leur business. Aura-t-on une Champion's League sur le modèle de la NHL ou la NBA, sorte de club fermé ou les franchises se négocient à prix d'or?

Peut-être que tout cela nous évitera au moins le ridicule de la Coupe du monde au Qatar en 2022. Mais dans ce cas, on peut miser à dix contre un que les matches se dérouleront entre New York et Los Angeles...

10:06 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |