14/10/2015

Amendes amères et sub-prime d'assurance: on a assez craché au bassinet!

La lutte pour maintenir le pouvoir d'achat des habitants et la compétitivité des entreprises, tous deux gages de notre prospérité, devraient être au cœur des préoccupations de l'Etat. Depuis quelque temps, ils ont complètement disparu de l'horizon de nos gouvernants, dont la vision se limite à la dernière ligne du tableau Excel et dont  la préoccupation majeure, pour ne pas dire unique, se résume à créer de nouvelles lois, instaurer et augmenter toutes sortes de taxes.

Pouvoir d'achat et compétitivité des entreprises, donc. Beau challenge pour lequel une certaine hauteur de vue et une indispensable largeur d'action sont nécessaires. Mais maintenant que les responsables de l'économie n'en maîtrisent même plus les notions de base, il est indispensable que les citoyens, s'ils veulent arrêter d'être tondus, prennent leur sort en main et interviennent davantage.

Comment? Il y a certes les élections aux Chambres fédérales actuellement, mais c'est un moyen trop indirect et sans la moindre garantie, on l'a souvent vu. La vision des élus du peuple étant désormais exclusivement bornée par les œillères juridiques et budgétaires, il devient indispensable que les citoyens, du pays comme du canton, puissent se prononcer, en votation populaire, sur TOUTES les augmentations qu'ils doivent subir.

En Suisse et à Genève, on peut voter depuis longtemps  sur les augmentations d'impôt. C'est bien parce que ça réfrène l'appétit vorace de l'Etat. Mais ces garde-fous (c'est le mot) ne sont plus suffisants. L'inextinguible soif de nouvelles recettes, renforcée par une densité normative toujours plus forte, se matérialisent par de augmentations délirantes de taxes, émoluments et autres primes obligatoires, qui érodent depuis plusieurs années le fameux pouvoir d'achat. Deux exemples:

Le plus flagrant, le plus connu, le plus douloureux et le plus scandaleux est bien entendu celui des primes d'assurance-maladie. Depuis l'introduction de la funeste Lamal, ces primes ont augmenté infiniment plus fortement que l'inflation. Fixées par un quarteron d'assureurs hors de tout contrôle, recevant même la bénédiction du pseudo-contrôleur (l'OFSP), ces primes s'apparentent aujourd'hui à un racket légal, quand il ne s'agit pas tout bonnement de détournement (les réserves des assurés genevois et vaudois utilisées dans d'autres cantons). Sans la moindre justification économique, ces sub-primes perçues sur un marché totalement captif (dû à l'obligation de s'assurer) ne peuvent être contestées par personne.

Qui lance une initiative pour que toute extension du catalogue de soins de l'assurance de base et toute augmentation de prime qui dépasse l'inflation soient soumises en votation populaire?

Autre domaine sur lequel le citoyen doit avaler tout cru des augmentations vertigineuses et sans fondement économique: les amendes et les contraventions, comme on vient de l'apprendre à Genève. Il y a eu la stupidité crasse des jours-amende, qui privilégient le délinquant sans revenu mais assomment l'honnête citoyen travailleur: encore une belle invention de juristes! S'est ajoutée ensuite la démence de Via Sicura. Et maintenant voilà qu'à Genève on veut augmenter de 200%, voire même de 400% certaines contraventions, avec une justification de prévention tellement peu crédible que tout le monde s'aperçoit bien qu'il ne s'agit que de remplir les caisses de l'Etat.

Ca suffit! Qui lance une initiative pour que toute augmentation de taxe (y compris les taxes sur l'essence, bien sûr), émolument, contravention, vignette, redevance, etc.. supérieure à l'inflation soit soumise en votation populaire? On a assez craché au bassinet!

14:35 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Oui, qui ?

Écrit par : Pierre Jenni | 14/10/2015

Quand les délinquants se plaignent de la dureté des peines et des conditions de détention, on leur rétorque (à juste titre) qu'ils n'avaient qu'à ne pas commettre de délit pour éviter cela. Eh bien c'est pareil pour les contraventions et les amendes: si vous ne faites pas d'infraction, vous n'aurez rien à payer; contrairement aux taxes et impôts qui sont obligatoires. Et il ne faut pas oublier non plus que "l'appétit vorace de l'Etat" sert tout de même à financer divers services dont le citoyen bénéficie, tels que l'entretien du réseau routier, l'éducation, la police, les hôpitaux publics ainsi que l'aide aux personnes laissées au bord d la route par l'économie privée, qui, pour le coup a réellement l'œil uniquement "sur la dernière ligne du tableau Excel", et tente de faire de plus en plus de travail par de moins en moins de personnes, avec des salaires les plus bas possible, parfois même insuffisants pour vivre décemment; et, pour que les gens acceptent ces conditions plus volontiers, on pousse à la diminution des prestations sociales.
Et en ce qui concerne l'assurance-maladie, il me semble que ce n'est pas l'Etat qui fixe les montants des primes, mais bien des caisses privées, dont je ne suis pas certaine du tout qu'elles ne trichent pas avec les lois leur interdisant de faire des bénéfices dessus. Les autorités, faute de moyens pour vérifier les comptes, n'ont pas d'autre choix que de les croire sur parole et d'entériner les hausses.

Écrit par : alena hochmann | 15/10/2015

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