06/07/2015

Dans "la mère de toutes les batailles", dopez la com', svp

Le Temps du mardi 30 juin tentait de nous indiquer combien de "communicants" possédait l'Etat de Genève, hors régies autonomes (SIG, TPG, AIG), suite à une question posée par la commission des Finances. 35 répond le Gouvernement, en préconisant un subtil distinguo qu'il conviendrait de faire entre chargés de communication, pour la communication institutionnelle, et collaborateurs personnels, pour la communication politique...

Un bel écran de fumée que tout cela. Toute communication des autorités a une implication politique. La baisse du taux de chômage? Cela indique que le ministre de l'Emploi travaille bien. La hausse des cambriolages? Cela prouve que le Ministre de la Sécurité travaille mal. La stagnation des demandes d'autorisation de construire: mais que fait le ministre du logement? Etc, etc... Dans tous les Départements, la communication, quelle qu'elle soit, n'est jamais libre. Elle est plus ou moins contrôlée et verrouillée en fonction de la personnalité et des intérêts du magistrat.

Alors finalement peu importe que les communicants soient 35 ou plus probablement 60, peu importe qu'ils soient collaborateurs personnels, secrétaires adjoints, chargés de com ou n'importe quoi d'autre. Ce qui compte, c'est que la communication se base sur des actes sérieux et de tangibles, et que l'envie de communiquer subsiste même si les nouvelles sont mauvaises. On en est loin...

Traversons la Versoix. L'édition de 24 Heures du lendemain nous révèle le plan d'attaque du Conseil d'Etat vaudois sur le projet de réforme de l'imposition des entreprises avec réduction du taux à 13,7%. Principes bien posés, feuille de route crédible, accord équilibré entre compétitivité économique et progrès social, échéancier balisé jusqu'à l'entrée en vigueur de ce taux, en fonction de l'avancement du projet fédéral sur l'abandon des statuts fiscaux spéciaux qui constitue le socle de cette réforme. Travail et communication remarquables: présence du Conseil d'Etat in corpore et qu'on sent soudé comme les doigts de la main. C'est maîtrisé et cela nous laisse penser que l'inévitable référendum sur cette réforme sera remporté haut la main par les autorités vaudoises.

La réforme de l'imposition des entreprises, c'est "la mère de toutes les batailles". Du résultat de cette votation (car il y aura aussi réferendum à Genève, c'est certain) dépendra l'avenir économique de notre canton. Il peut aller d'une nouvelle dynamique en cas de succès, grâce à une baisse dîmposition de toutes les entreprises et PME qui leur donnera un ballon d'oxygène bienvenu, à un effondrement financier du canton en cas d'échec, avec le départ des multinationales,  la perte de plusieurs dizaines de milliers d'emplois, y compris dans toutes les PME qui commercent avec ces multis, et l'affaissement du rôle international de Genève.

Mais sur ce dossier-là, en terme de com, c'est le néant. On navigue à vue. Qui pilote le dossier? Le Président, le chef des Finances? Quel échéancier? On scrute l'horizon mais on ne voit rien. Le Gouvernement est-il uni, consulte-t-il les partis, les milieux économiques et sociaux, les entreprises? Mystère et boule de gomme. Le taux d'imposition de 13% a été évoqué il y a 4 ans déjà. Depuis plus rien.

La mère de toutes les batailles nécessite un engagement sans faille et une communication pointue et convaincante. Si on veut la gagner.

15:42 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |