11/01/2018

Ce que j'attends de mon NON a No-Billag

Guère admirateur des méthodes de Trump, donc peu enclin à utiliser l'arme nucléaire pour régler mes désaccords ponctuels avec la SSR, je vais bien évidemment voter un NON a No-Billag. Je n'ai pas envie que le paysage télévisuel suisse ressemble à Hiroshima après la bombe ou Tchernobyl, après l'explosion. No-Billag produira en effet un terrain irradié sur lequel aucune télévision publique ne pourra plus jamais germer.

Sur ce tas de cendres, il y a fort à parier que ne pourront proliférer que des réseaux privés genre Télé-Blocher, M6, Canale 5 ou RTL+, qui habilleront leur camelote avec de la télé-réalité bien sordide, une orgie de pub qui leur tombera bien chaude dans leur bec, et qui n'hésiteront pas à nous facturer CHF 25.- la retransmission d'une rencontre de Champion's League, de chaque match de Federer à Wimbledon ou de la descente du Lauberhorn, commentés de surcroit dans un mauvais français fédéral, depuis un studio borgne situé dans une zone industrielle reculée de l'Hinterland zurichois.

Certes, la SSR doit perdre à la fois son embonpoint et son arrogance. Mais d'ici à laisser la place à de multiples télé-zombies, il y a un pas. J'attends donc, de mon clair NON à No-Billag, les engagements suivants de la SSR et des Chambres fédérales qui devront concocter la nouvelle LRTV:

- la diminution du nombre de chaines de TV et surtout de radio, la mission de la SSR devant surtout être de nature généraliste

- un détachement total de la SSR vis-à-vis du monde politique. La SSR ne doit pas être présidée par un politicien

- des émissions politiques bien plus objectives, avec un panel d'invités représentant toutes les opinions, et l'arrêt de la systématique allégeance des dirigeants, producteurs ou journalistes  aux thèses pro-européennes, immigrationnistes et mondialistes.

- une redevance diminuée à CHF 365.-, imposée à tous les ménages suisses, sans exception

- l'abandon de l'imposition des entreprises à cette redevance

- une part nettement plus grande (20% minimum) du produit de cette redevance allouée aux autres radios et TV

- la fermeture des fenêtres publicitaires à des diffuseurs étrangers (TF1, M6, RTL+, etc...). De toutes façons il n'y a aucune réelle réciprocité.

- la fin de l'ostracisme et du dénigrement systématique des mouvements patriotes. Vous voulez un TV nationale? Alors il faut défendre l'idée de la nation.

Et c'est un peu la dernière qui sonne...

12:16 Publié dans Air du temps, Humeur | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook | | | |

29/03/2017

L'heure des grandes, basses et sombres manoeuvres

La politique, ce n'est pas que le vertueux échange de visions, d'arguments et de débats. La politique, c'est aussi et surtout, et depuis toujours, l'art des grandes, basses et sombres manœuvres pour propulser un candidat ou en éliminer un autre. La bien-pensance intello-médiatique les réprouve officiellement, tout en les commentant abondamment.  Alors loin de cette hypocrisie générale, il faut savoir aussi admirer ces manœuvres rondement menées, même si leurs auteurs ou leurs victimes sont bien loin de nos idéaux.

Nous sommes donc bien obligés de tirer un grand coup de chapeau aux milieux bobos-socialos-financiers qui vont faire élire Macron Président de la République française. Au terme d'une opération de grande envergure menée avec un timing parfait. D'abord, le saltimbanque sort du gouvernement pour avoir les coudées franches. Puis on laisse l'adversaire (La Droite) choisir son candidat (Fillon) et sa ligne de conduite (la rigueur et la probité). Ensuite on sort au compte-gouttes les infos qui démolissent, brique après brique, l'image du favori. Fillon facilite enfin définitivement la tâche des grands manipulateurs avec ses phases successives de déni, de contradictions, de dissimulation, de colère (contres les juges, les médias) et d'entêtement égotique qui vont entrainer tout son camp dans la défaite. Résultat de la manoeuvre: la France se dirige tout droit vers un  quinquennat Hollande-bis, si on en croit le mouvement de ralliement des ministres socialistes  (Le Drian, Valls) qui commence à s'amplifier. Que le futur Président Macron soit d'une rare inconsistance et qu'il devienne pendant 5 ans l'otage de ses "sponsors" ne joue plus aucun rôle. C'est tout de même du grand art.

De même, il faut reconnaitre l'habileté de la manœuvre des conservateurs valaisans qui ont réussi à éjecter l'UDC Freysinger du gouvernement. Là non plus, pas d'annonce officielle, mais quelle efficacité dans les réseaux pour propulser au Conseil d'Etat un quasi-inconnu, le PLR Frédéric Favre. Certes, encore une fois, la victime a facilité la manœuvre à son encontre par ses outrances et sa stratégie foireuse d'Ensemble à droite. Cela n'empêche pas d'observer que le coup a été bien monté.

Et la suite? Eh bien on va se réjouir des grandes, basses et sombres manoeuvres pour l'élection au Conseil d'Etat genevois en 2018... Elles ont d'ailleurs déjà commencé, germant cette fois sur le terreau favorable du bilan calamiteux (ou de l'absence totale de bilan) de la majorité PLR-PDC au pouvoir. Cela excite forcément les convoitises. On va observer, au choix: une manœuvre  PS-Verts, avec PLR en sous-main (configuration deux fois victorieuse, à Vernier et à Onex) pour éjecter le MCG Poggia dont le parti est affaibli. Ou alors une manoeuvre PS-Verts, avec le MCG en sous-main pour éjecter un des deux PDC et donner un siège supplémentaire à la gauche. Ou encore la manœuvre UDC-PLR pour éjecter un PDC surreprésenté au profit d'un représentant d'une droite plus dure (3e élu PLR, voire un élu UDC). Ou encore la manœuvre UDC-MCG pour éjecter un des deux PLR incarnant la faillite du gouvernement actuel.

Bref, les grandes, basses et sombres manœuvres. Ca ne s'écrit pas, ne s'avoue surtout pas, mais ça se pratique intensément.

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21/02/2017

Développement économique: le pacte rompu

"...La plus importante réforme fiscale des 50 dernières années...". "...Les bases du développement économique pour les deux décennies à venir...". "...La mère de toutes les batailles (Longchamp dixit)...". Telles sont les  considérations majeures qui sortaient de la bouche des principaux partisans, des leaders de la campagne sur la votation RIE III. Vu l'ampleur de la défaite, ils ont mené campagne comme de véritable sapajous, avec un dilettantisme coupable et un sens politique atrophié. Et pour la première fois depuis très, très, très longtemps, la droite et les milieux économiques perdent lamentablement une votation sur un sujet économique et fiscal.

J'espère que le reportage du TJ de dimanche soir tourné à l'occasion du loto de l'UDC à Weinfelden aura ouvert les yeux et débouché les oreilles de nos autorités fédérales et cantonales. On y a entendu ce qu'on pressentait depuis plusieurs semaines, à savoir que l'électorat conservateur de base n'avait aucune envie de signer un chèque en blanc aux entreprises internationales après avoir subi le camouflet de la non-concrétisation volontaire et anti-constitutionnelle par les Chambres Fédérales (PLR et PS) de l'initiative sur l'immigration de masse, en décembre dernier. "RIE III miné par la trahison sur l'immigration", titre (hélas) prémonitoire de mon blog du 9 janvier. Et vu l'ampleur du rejet, n'importe quel étudiant de 1re année de Science po distingue bien que ce refus dépasse largement la sphère d'influence des référendaires. Qui eux, on su mener campagne...

Que nos grands stratèges économiques, par ailleurs rompus au langage financier, aient pu à ce point ignorer le "sous-jacent" migratoire dans cette votation m'effare au plus haut point. Alors il faut leur expliquer, encore une fois. Dans l'opinion publique, "l'international bashing" se répand comme une trainée de poudre. En langage popu, ça donne ceci: "pourquoi faire venir ou conserver des entreprises étrangères si celles-ci n'engagent plus de travailleurs locaux, préférant se servir sur l'entier du marché européen en l'absence de toute régulation des permis de travail". En fait, depuis 5 ou 6 ans, c'est le pacte tacite du développement économique du pays qui a été rompu. Celui qui voulait qu'on accepte des instruments fiscaux spécifiques et compétitifs pour les entreprises étrangères vu que celles-ci engageaient un nombre important de travailleurs locaux dans les nouveaux postes créés. Mais la libre circulation sans entrave ni régulation a érodé ce pacte, pour finir par le faire disparaitre. Puis il y a eu le 9 février 2014 (initiative sur l'immigration de masse). Puis la trahison des Chambres fédérales, puis la cacade du 12 février 2017 sur RIE 3.

Et maintenant? Va-t-on proposer rapidement une RIE IV pour stabiliser l'environnement économique du pays? Je n'y crois pas une seconde. Pour 5 raisons au moins:

1. Le conseiller fédéral UDC Ueli Maurer, responsable des Finances, est totalement incapable de mener une telle réforme.

2. La pression mise par l'OCDE sur la Suisse l'obligeant à abandonner ses statuts fiscaux en 2019 est un contre-argument qui braque totalement l'opinion publique.

3. Les partisans de la réforme doivent encore régler leurs comptes sur les responsabilités de la défaite. EconomieSuisse (qui a tant lutté pour vider de sa substance l'initiative sur l'immigration de masse) n'est plus crédible.

4. Les gagnants de la votation (la gauche et les syndicats), dopés par leur succès, vont faire monter les enchères au point de rendre un futur projet non compétitif pour l'économie suisse.

5. Et surtout, surtout, il n'y a toujours pas de conscience ni de volonté de vouloir préalablement re-réguler le marché du travail, ce qui plombera toujours plus les RIE IV, V, VI ,etc...

08:12 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |